L’histoire de la paroisse Saint Jean Baptiste de Niakhar par l’Abbé Philippe Ngom

A quelques heures de la célébration du Jubilé d’or de cette paroisse qui sera célébré dimanche prochain, l’Abbé Philippe Dibocor Ngom, vicaire, retrace l’histoire de cette communauté chrétienne et évoque la figure du Père Bouvet et de ses fameuses cases. Vaillant missionnaire, le Père Bouvet a marqué l’histoire de Niakhar En 1962, alors que Niakhar n’était encore, à cette époque là, qu’une petite bourgade isolée, sans route goudronnée, sans eau courante ni électricité, arrive le Père BOUVET comme successeur de l’Abbé NDIONE ; après avoir effectué un cours séjours pastorale à Diarème, Ngoye Bayakh et Ndiaganiao. Il y construisit ses fameuses cases nommées « cases du Père BOUVET » et s’activa dans la pastorale jusqu’en 1964 date de la création de Niakhar comme paroisse. La mission se composait de trois bâtiments : l’Eglise, en dur avec son clocher, la case du Père Bouvet, large et traditionnelle avec ses murs en terre séchée peinte en blanc et son toit de chaume et ma case ( la case du passager), bizarre cylindre de ciment à un étage , percé d’une double rangée de minuscules ouvertures avec toiture en paille. Et tout autour, parmi les fromagers et les baobabs, le village le Père Pierre Bouvet, prêtre missionnaire de la congrégation du St Esprit, infatigable missionnaire au grand cœur, homme exceptionnel, se savait seul devant Dieu et son combat d’Evangélisation. Il entendait le mener totalement et tout seul. Pipe au bec, en soutane blanche et nus pieds taillés dans un vieux pneu ; toujours absorbé par la lecture de son inséparable bréviaire, il partait très tôt , au petit matin, parcourir la Brousse au volant de sa vieille voiture, pour rendre visite a ses catéchumènes, baptiser quelques nouveaux nés. Ou donner les derniers sacrements quand l’urgence d’un départ annoncé lui parvenait à temps. Il parlait évidemment le Sérère et le Wolof parfaitement mais il célébrait invariablement ses messes en Latin, selon le rite liturgique de St Pie V, y compris, et surtout, la grande Messe du Dimanche dans son Eglise dont il avait été l’architecte, le maçon et le manœuvre principal. Il restera jusqu’au bout fidèle à ses idées et ne regretta rien de ce qu’il lui en coûta. Vaillant missionnaire, il a marqué à vie l’histoire de Niakhar et hanté l’esprit de plus d’un. Ses œuvres en témoignent et sa fameuse case en est une belle illustration. Il s’acquittera de la charge pastorale à Niakhar vingt sept années durant et sans interruption. Il quitte Niakhar en 1986. Triste souvenir d'un prêtre exceptionnel interdit de retour au Sénégal après une opération de la cataracte à Paris, en exil en France contre son gré mais fidèle à St Pie V, à ses vœux et à ses convictions. C'était dans un coin perdu des Cevennes où il vivait en Ermite, dans une cabane de pierres. Pierre Bouvet, a rejoindre le Bon Dieu le 7 juillet 87 et il ne doit pas en être très loin aujourd'hui encore...et pour longtemps encore.

                                                                                                                                                              Abbé Philippe Dibocor Ngom, vicaire

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